Nouveau directeur, promesses, implication des élus locaux… et une grève depuis mercredi. A quelques mois de son ouverture annoncée, le Centre Hospitalier Sud-Francilien continue à faire parler de lui. Le ton a été donné mardi, lors d’une Assemblée Générale massive des personnels sur le site de Courcouronnes Louise Michel. Une grève est en cours et l’intersyndicale promet des actions dans les prochains jours.

- Photo : L’ouverture du nouvel hôpital est annoncée pour début 2012 (Mathieu Miannay / Essonne Info)
Le nouveau directeur du Centre Hospitalier Sud-Francilien (CHSF) a pris ses fonctions. Deux semaines après le départ anticipé d’Alain Verret, Jean-Patrick Lajonchère a été nommé pour prendre la tête de l’établissement. Il a pour mission de mener à bien l’ouverture du nouvel hôpital de 1000 lits, situé entre Corbeil-Essonnes et Evry. Il doit également veiller à équilibrer les comptes du CHSF. Après le rejet du second EPRD (Etat Prévisionnel des Recettes et Dépenses – budget de l’Hôpital) par son autorité de tutelle l’ARS (Agence Régionale de Santé), le CHSF doit économiser deux millions d’euros d’ici la fin 2011.
Cette annonce semble avoir mis le feu au poudre chez les représentants du personnel. Mardi, une Assemblée Générale des salariés, ouverte à la presse, a convenu la mise en oeuvre d’une mobilisation contre ces restrictions budgétaires. Le principe de la grève illimitée a été voté. Jeudi prochain, une action d’envergure est organisée. Les salariés des deux sites de Courcouronnes et de Corbeil-Essonnes partiront en cortège depuis leur hôpital jusqu’au site du Sud-Francilien, le long de la RN 7. D’ici là, plusieurs Assemblées Générales sont prévues sur les sites.

- Photo : Des banderoles décorent les alentours du site Louise Michel à Evry-Courcouronnes (Julien Monier/Essonne Info)
Une association pour « sauver » l’hôpital
Une association a été créée, et regroupe syndicats, personnels, médecins et usagers. Elle a pour nom « Sauvons notre hôpital public » et est présidée par le docteur Henri Lelievre. De son côté, le nouveau directeur Jean-Patrick Lajonchère, qui a pris ses fonction pour assurer l’intérim le 12 septembre, a assuré via un communiqué, s’attacher à définir le plan d’emménagement du nouveau site « dans le respect des contraintes budgétaires fixées par l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France, contraintes communes à tout établissement de santé » .
L’intersyndicale ne semble pas rassurée, et lance une campagne auprès des habitants des villes avoisinantes dans un souci d’implication des usagers. Du côté politique, la plupart des élus du territoire se sont prononcés pour la sortie du Partenariat Public Privé conclu avec le groupe Eiffage pour la construction du nouveau site. A en croire Jean-Pierre Bechter, le maire de Corbeil-Essonnes, cité par Le Républicain, le nouvel hôpital « ouvrira en janvier » . Dans la revue d’Essonne Info, un dossier retrace l’historique de ce fiasco, en remontant à l’origine du Partenariat Public Privé, appelé BEH (Bail Emphytéotique Hospitalier).
Julien Monier
Julien Monier est journaliste et rédacteur en chef d'Essonne Info (@EssonneInfo). Vous pouvez le suivre sur Twitter (@JulienMonier91) et le contacter par courriel (julien@essonneinfo.fr).
























La cité sanitaire de St Nazaire rencontre les mêmes difficultés. 27 millions de loyer pour un hôpital qui ne sera pas fonctionnel et qui devra réduire ses coût de fonctionnement en réduisant le nombre de personnel. Il s’agit ici des mêmes principes que le dette Grèque. On fait intervenir la finance privée et les intérêtes à payer deviennent prioritaire sur toutes les autres dépenses. En Grèce ce sont les populations qui trinquent. A l’hôpital, ce sont les personnels et par voie de conséquence, les malades.