PUBLICITÉ

 

Société. L’accident qui a eu lieu mercredi soir sur la nationale 20 a fortement perturbé le trafic de cet axe routier central en Essonne. Au-delà des problèmes de circulation, les riverains craignent également les retombées en matière de pollution à la suite de cet incendie de produits chimiques.

  • Photo: Un barrage a été installé à proximité du camping de Villiers-sur-Orge, pour déceler et récupérer les poissons morts dans l’Orge. (DM/EI)

Au lendemain de l’incendie qui a littéralement détruit un camion transportant des produits chimiques, les riverains des lieux se posent aujourd’hui plusieurs questions sur le contenu des cuves de ce camion.

Les habitants de ce secteur de Linas sentaient encore jeudi matin des odeurs. Devant son garage automobile, un homme regarde les services du conseil général effectuer des remblaiements du trottoir où s’est produit l’incendie. Il confirme la présence d’odeurs dans la matinée. Divers produits nocifs se sont enflammés, rejetant des substances toxiques pour le voisinage.

Le commandant Pascal Reversat, responsable des opérations pour les risques chimiques des sapeurs-pompiers de l’Essonne, a supervisé le travail de ses services pour contenir les nuisances. « Deux types de pollution ont été enregistrés », indique-t-il. Le feu survenu sur le camion a en effet entraîné des rejets atmosphériques, ce qui a conduit à demander aux riverains de se confiner chez eux. Selon le commandant, les pompiers ont effectué des mesures dans l’air toute la nuit de mercredi à jeudi, « grâce à des véhicules dotés de moyens de détection spécifiques » . Les mesures de confinement ont été levées « quand il n’y avait plus de risques », précise-t-il.

Quelles sont les substances qui ont été respirées par les riverains ?

Malgré un travail de diffusion de l’information mercredi soir auprès des populations avoisinantes, certains riverains se plaignent de ne pas avoir été mis au courant avant le jeudi matin des risques encourus.« Nous sommes sortis voir mercredi soir, et ma voisine ressentait des picotements à la gorge », explique César, vivant en contrebas du lieu de l’incendie, « personne ne nous a expliqué la dangerosité des substances inhalées », poursuit-il.

Les cuves du camion étaient en effet pleines de diverses substances chimiques, inflammables et nocives pour la population. Cinq mille litres l’alcool isopropylique sont par exemple partis en fumée ou dans les réseaux d’eaux usées. De même, mille deux cents litres d’ammoniaque remplissaient l’une des cuves avant l’accident, ainsi que quatre mille litres d’acide sulfurique. Quelques personnes se sont spontanément présentées aux secours, victimes de maux de tête, mais aucune hospitalisation n’était à déplorer jeudi.

Des rejets dilués dans l’Orge

Afin de mesurer l’état de la pollution, le Sivoa (qui gère les eaux de l’Orge et de ses affluents) a installé jeudi matin un barrage à hauteur du camping de Villiers-sur-Orge, principalement dans le but de déceler et récupérer des poissons morts. Selon les premiers relevés effectués, la pollution n’aurait pas eu de conséquences immédiates sur la faune aquatique de l’Orge.

Pour le commandant Reversat, les substances se sont « diluées » dans le fort écoulement de la rivière. « Nous n’avons relevé aucun impact sur la faune et la flore d’après nos premières mesures », affirme-t-il. Les stations de pompage d’eau, situées en aval sur la Seine, ont néanmoins été prévenues, et les habitants victimes de maux de tête, irritations et autres, sont invités à se présenter aux services de soins les plus proches. Les hôpitaux de la région ont été mis au courant de l’accident et de ses éventuelles conséquences.

Julien Monier

Julien Monier

twitter

Julien Monier est journaliste et rédacteur en chef d'Essonne Info (@EssonneInfo). Vous pouvez le suivre sur Twitter (@JulienMonier91) et le contacter par courriel (julien@essonneinfo.fr).


PUBLICITÉ

Contribuez à cet article