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Société. Le 12 janvier, Claude Guéant, Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez signaient le nouveau texte censé assouplir la très critiquée circulaire Guéant du 31 mai 2011. Nous sommes allés mardi dernier, à la rencontre des étudiants étrangers de l’INT d’Évry, campus d’excellence traditionnellement tourné vers l’international.

  • Photo : le hall d’accueil du site principal de l’INT, résolument tourné vers l’international. (FB/EI)

C’est guidés par Jonathan Schwartz, étudiant en troisième année d’école d’ingénieurs, élu Unef depuis 2008, que nous visitons le campus de l’INT. Sur près de 1 500 étudiants, répartis sur deux grandes écoles, « environ 30% sont des étudiants étrangers », précise Jonathan. Cinquante nationalités sont ainsi représentées sur le campus d’Évry. Si les couloirs semblent plutôt déserts en ce mardi après-midi, nous ne tardons pas à faire la rencontre d’étudiants concernés par la circulaire. Jimmy, 25 ans, est de nationalité chinoise. A la fin du mois, il sera ingénieur diplômé après trois ans d’études en France. Pour lui, cette circulaire est synonyme de retour en Chine, ne pouvant pas prétendre à un changement de statut et donc à un emploi sur le territoire. « A quoi ça sert de faire des études en France si on ne peut pas mettre en pratique nos connaissances acquises en intégrant une entreprise française », s’interroge Jimmy. « Ce que le gouvernement n’a pas compris, enchaîne Jonathan Schwartz, c’est que la plupart des étudiants étrangers ne viennent pas dans l’espoir de s’installer ici. Ils souhaitent repartir mais ils ont besoin d’une expérience professionnelle pour valider les acquis de la formation française ».

Une forme de résignation

Si le sujet a mobilisé de nombreux étudiants, étrangers ou non, notamment lors de la dernière assemblée générale de l’Unef, Jonathan relève une forme de résignation chez certains. Maher, Tunisien de 26 ans, est de ceux-là. « Au pire, je pourrais trouver un bon poste en Tunisie. Au mieux, Guéant et son clan ne seront plus là en 2012. », ironise Maher. Pour autant, il estime que cette circulaire est « une honte pour la France. » Pour son camarade et compatriote Mohammed, âgé de 21 ans, « c’est une discrimination. » « Je ne comprends pas le raisonnement de la France qui rejette des diplômés de grandes écoles qui représentent une richesse», ajoute t-il .

Un problème de plus pour les étudiants étrangers

Pour Jonathan, notre guide d’un jour, cette circulaire est un boulet de plus aux chevilles des étudiants étrangers. « Avec cette circulaire, le premier problème des étudiants étrangers n’est plus de trouver un travail mais d’obtenir une autorisation de travailler sur le territoire. Déjà qu’ils sont mal reçus en France », ajoute t-il en faisant référence à l’accueil déplorable des étrangers à la préfecture d’Évry. « Beaucoup d’étudiants sont dans une précarité administrative en plus d’une précarité sociale. C’est un cercle vicieux ».

A voir : l’étude réalisée en juin 2011 par les élus étudiants de l’INT sur les difficultés administratives rencontrées par les étudiants étrangers à la préfecture d’Évry.

Quentin Brarda

Quentin Brarda

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Quentin Brarda est journaliste à Essonne Info. Vous pouvez le contacter sur Twitter ou par courriel (quentin@essonneinfo.fr)


Categories de l'article: Evry / Corbeil, Société
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