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Retournement de situation dans l’affaire Tron?

Politique. Le témoignage de Virginie Faux, principale accusatrice dans l’affaire Tron, serait sérieusement remis en cause par la justice, selon les procès-verbaux révélés par Les Inrockuptibles. Erreurs de dates, dissimulation d’éléments, propos troublants, autant de faits qui discréditent peu à peu les accusations de viols contre le député-maire de Draveil.

  • Photo (archive) : à l’approche de la campagne présidentielle, Georges Tron est toujours président de la fédération UMP de l’Essonne. (JM/EI)

Rappelez-vous, c’était en mai 2011. Seulement dix jours après l’arrestation de DSK, Georges Tron alors secrétaire d’État à la Fonction publique, est accusé de viols et d’agressions sexuelles par deux anciennes employées de la mairie de Draveil. Le 29 mai, il présente sa démission au président de la République. Le 2 novembre 2011, Virginie Faux est entendue à Évry, dans les bureaux des juges chargés de l’affaire. D’après les procès-verbaux révélés par Les Inrockuptibles, la chronologie des faits livrée par l’accusatrice ne colle pas. « J’ai des difficultés de mémoire », aurait déclaré Virginie Faux pour justifier ses incohérences. Le doute plane également sur l’accusation de la seconde plaignante, Eva Loubrieu, ancienne responsable du pôle livres à la mairie de Draveil. D’après un enregistrement réalisé à son insu par un voisin et retranscrit par Les Inrocks, cette dernière aurait déclaré avoir « toute la machine du FN derrière (elle) ». Pour Me Olivier Schnerb, avocat de Georges Tron, cette machine du FN décrite par Eva Loubrieu ne serait autre que « la famille qui dirige le FN à Draveil » et qui souhaiterait donc faire tomber Georges Tron en vue des prochaines élections municipales. Une accusation de complot immédiatement réfutée par le Front national.

Un dîner qui fait tâche

Les Inrocks révèlent également la tenue d’un dîner organisé début décembre, à Draveil, chez Jacques Olivier, ancien conseiller régional du FN et beau-frère de Marine Le Pen. Étaient conviées autour de la table, Virginie Faux ainsi que Lucile Mignon, ancienne attachée parlementaire de Tron qui avait déposé une plainte pour harcèlement moral contre le député-maire de Draveil. Jacques Olivier aurait ainsi conseillé aux deux plaignantes de s’unir contre Georges Tron en tenant une conférence de presse commune avec l’ensemble des plaignantes. Contacté par Les Inrocks, le beau-frère de Marine Le Pen a confirmé le dîner en déclarant : « Ce n’est pas un scoop que je suis anti-Tron [...] mais je n’ai suborné aucun témoin. » Aujourd’hui, Georges Tron est toujours mis en examen. Pour son avocat, « le dossier a basculé depuis un moment » en faveur de son client.

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Quentin Brarda

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Quentin Brarda est journaliste à Essonne Info. Vous pouvez le contacter sur Twitter ou par courriel (quentin@essonneinfo.fr)


 

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