Politique. Nicolas Sarkozy était en visite en Essonne ce jeudi, à Mennecy puis à Longjumeau, pour défendre son plan pour le logement. Plus d’une cinquantaine de militants de gauche, associatifs et syndicalistes ont tenté de manifester à l’occasion de la venue du chef de l’Etat au théâtre de Longjumeau. Une manifestation rapidement bloquée par les forces de l’ordre, massivement mobilisées.

- Photo : les militants bloqués par les forces de l’ordre. (DM/EI)
Il fallait du courage pour venir braver le froid ce jeudi matin, place Charles-Steiber à Longjumeau. Si la chute des températures n’a pas découragé les militants ayant fait le déplacement, la police, elle, a vite eu le dernier mot. A peine les premiers drapeaux déployés, plusieurs cordons de policiers encerclent la place, empêchant toute progression du cortège. « Je suis scandalisée », déclare Béatrice Perié, candidate PS aux législatives de juin sur la deuxième circonscription de l’Essonne (Etampes – Mennecy), « je trouve déplorable qu’on soit confinés sur cette place. On se demande si on est encore dans un pays démocratique. »
Au même moment, à deux rues d’ici, au théâtre de Longjumeau, le chef de l’Etat expose ses mesures sur le logement. Un discours qui, pour Philippe Camo, secrétaire fédéral du PCF de l’Essonne, « est indécent au moment où la Fondation Abbé Pierre vient de rendre ses conclusions sur le mal-logement qui concerne, à des degrés divers, dix millions de personnes en France. »
Pour Dominique Bardy, responsable départementale du Parti de gauche en Essonne, le chef de l’Etat – toujours pas candidat – « ne trompe personne, on n’est pas dupes, aujourd’hui il est en campagne. Il vient à Longjumeau parler du logement quand dans le même temps, rien n’est fait au niveau du logement social. »

- Photo : Philippe Camo, secrétaire fédéral du PCF d’Essonne. (DM/EI)
Une tribune improvisée
Contraint au surplace, Philippe Camo improvise une tribune au centre de la place Charles-Steiber, toujours encerclée par les forces de police. « On ne peut pas se contenter de mesurettes pour régler la crise du logement. Il faudra bien prendre des mesures radicales en rupture avec celles mises en place actuellement. Je pense notamment à la baisse de tous les loyers et non à l’encadrement. Je pense à la réquisition de tous les logements vacants et des milliers de mètres carrés de bureaux vides. Il faut aussi mettre en cause les lois indécentes comme la loi Scellier qui est inacceptable pour les personnes en attente d’un logement », martèle le secrétaire fédéral du PCF en Essonne. Des propositions applaudies par l’ensemble des manifestants.
Parmi les drapeaux du Front de gauche et du PS, une grande banderole aux couleurs de l’association de solidarité envers les familles roms du département (ASEFRR) qui, elles aussi, sont plus que jamais concernées par le mal-logement. Pour son président Serge Guichard, « s’opposer à Nicolas Sarkozy et sa politique c’est une chose, mais les élus du département et d’ailleurs ont, eux aussi, des choses à faire. » Quelques heures plus tard, le même Serge Guichard demandait à être reçu au conseil général au sujet du relogement des familles roms de l’ex-gendarmerie de Viry-Châtillon.
Quentin Brarda
Quentin Brarda est journaliste à Essonne Info. Vous pouvez le contacter sur Twitter ou par courriel (quentin@essonneinfo.fr)
























Notre Président n’a plus le courage (mais l’a-t-il déjà eu ?) d’affronter ses contradicteurs. C’est symptomatique d’une démocratie mortifère. Bientôt, le débat n’existera plus que sur les plateaux TV entre candidats.
Et après on se plaint de la désaffectation des citoyens pour la vie politique… On marche sur la tête !
david 91
je rappel que la place a été encerlé par les forces de l ordres il y avait 5 agents de force de l ordre ( avec bouclier en tenue d anti emeute) pour 1 manifestant