Economie. La dix-neuvième Société coopérative et participative (Scop) de l’Essonne est née ce mercredi 8 février. Après de longs mois de procédures, les salariés d’Hélio-Corbeil ont obtenu du tribunal de commerce de Meaux la reprise de leur imprimerie en structure partagée entre salariés. Place à la démocratie économique !

- Photo : de gauche à droite : Le vice-président de la région Ile-de-France à l’économie Jean-Paul Planchou, Sylvie Nourry, directrice de l’Urscop-IdF, et Bruno Arasa, nouveau P.-D.G. de l’imprimerie Hélio-Corbeil. (JM/EI)
C’est en costume-cravate que le nouveau P.-D.G. de la Scop Hélio-Corbeil, Bruno Arasa, est apparu ce mercredi matin en conférence de presse. Donnée à l’occasion de la création de la coopérative, qui reprend les activités de l’imprimerie de Corbeil-Essonnes, cette rencontre a permis de présenter la nouvelle structure, qui reprend l’activité d’Hélio-gravure du site de Corbeil-Essonnes. Après de multiples tractations autour de cette industrie liée historiquement à la ville (lire notre rétrospective), une page se tourne pour Hélio, dans un livre qui pourrait voir s’écrire de belles lignes.
Au total, quatre-vingts salariés s’engagent dans la Scop. Ce sont donc quatre-vingts sociétaires qui possèdent désormais l’imprimerie et devront choisir collectivement leur orientation stratégique. La mise en œuvre des décisions et la gestion courante sont à la charge d’une équipe de direction, avec à sa tête l’un des salariés, Bruno Arasa. Jusqu’à présent délégué syndical CGT d’Hélio, il a été plébiscité par ses collègues à la suite de son implication dans le projet de reprise en Scop.
Un projet d’entreprise
Présente sur le site d’Hélio-Corbeil ce mercredi matin, la directrice de l’Union régionale des Scop d’Ile-de-France Sylvie Nourry a expliqué la démarche poursuivie par l’Urscop, dans l’accompagnement des salariés pour monter leur projet, et boucler le financement.
Du côté des salariés, le climat semblait au beau fixe ce mercredi sur le site d’Hélio, malgré la réduction du nombre de salariés, qui passe de cent vingt actuellement à quatre-vingts sociétaires de la Scop. « On vise à terme quatre-vingt-dix personnes », précise Bruno Arasa, qui indique vouloir développer avec Hélio « de nouvelles machines » et investir dans un centre de formation. Une perspective qui semble inspirer les imprimeurs rencontrés sur les lieux : « C’est un nouveau projet, qui nous met au cœur de l’avenir d’Hélio, ça donne envie de se donner à fond ! », sourit un salarié rencontré à la pause cigarette. Bruno Arasa confirme un « engagement fort des salariés » pour la Scop.
Les Scop ont « mieux résisté à la crise », ajoute le vice-président de la région Ile-de-France en charge des questions économiques, Jean-Paul Planchou, dont la collectivité s’est investie à hauteur de cent cinquante mille euros avec un prêt d’honneur à la nouvelle entreprise.
L’ombre de Serge Dassault
Concernant le financement du nouveau projet, il a finalement été bouclé grâce à plusieurs investissements dans la Scop. Les salariés s’engagent à hauteur de neuf cent cinquante mille euros, et ont effectué un emprunt de neuf cent mille euros à moyen terme pour le projet. A noter que les quatre-vingts sociétaires ont utilisé les cinq mille euros reçus de la prime pour licenciement qui leur avait été accordée, et ont investi un mois et demi de salaire dans la structure. De son côté, le sénateur de Corbeil-Essonnes Serge Dassault s’est engagé à hauteur de trois cent dix mille euros dans un prêt à la nouvelle Scop. Cela alors que le principal client de l’imprimerie reste pour une période de trois ans le groupe Socpresse, propriété de l’industriel. « On va le rembourser », tient cependant à assurer Bruno Arasa. L’engagement du maire de Corbeil-Essonnes Jean-Pierre Bechter, bras droit de Serge Dassault, prouve en tout cas que la municipalité était décidée à ne pas voir sous son ère la fin de l’histoire de l’imprimerie dans la ville.
Julien Monier
Julien Monier est journaliste et rédacteur en chef d'Essonne Info (@EssonneInfo). Vous pouvez le suivre sur Twitter (@JulienMonier91) et le contacter par courriel (julien@essonneinfo.fr).























