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Culture. Fondateur de l’association des Canards Sauvages en 2005, Maximilien Fernandez milite depuis plusieurs années pour la promotion de la culture locale et la protection de l’environnement. Aujourd’hui, ses années d’engagement et de travail dans le milieu du spectacle le poussent à prendre l’initiative en créant le premier portail de financement coopératif d’événements culturels : MyShowProduction.com. Pour comprendre la démarche et l’engagement de ce jeune entrepreneur, la rédaction a rencontré Max.

Essonne Info : l’année dernière Ecolo’zik laissait sa place aux Ecolozicalises. Pourquoi ce changement de formule ?

Maximilien Fernandez : On n’avait plus les moyens ni le terrain pour faire un grand festival comme les années passées. L’année dernière, l’association Zone d’art s’est rapprochée de nous pour faire Ecolozicalizes avec plusieurs dates et plusieurs concerts, mais sans lieu fixe. En plus on a lié des ramassages à l’événement, c’était nouveau de lier les deux. Il faut mettre en application les messages qu’on transmet dans la musique.

Mais pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut revenir aux origines du festival. Après deux festivals sans subventions, les Canards Sauvages ont fait des demandes pour la quatrième année.   On a eu trois mille euros, ça nous a aidés au départ, c’était mieux que rien. Mais ça ne suffit plus du tout. Sur les dernières éditions d’Ecolo’zik, les Canards sauvages ont rassemblé plus de 3 000 personnes. On avait des subventions un peu faibles pour encadrer autant de monde. Pour financer des projets comme celui là, c’est un combat de tous les jours, tu sais. En 2009 on n’a pas pu faire le festival car on n’a pas eu le terrain habituel à Villiers-sur-Orge. L’année d’après on a fait un énorme festival à Saintry, il y a eu du monde mais on ne l’a pas vécu comme une réussite et on n’avait pas été aidés au niveau des subventions. On avait mis le paquet pour accueillir les gens et faire un bel événement. On a eu 3 500 personnes, alors autant dire qu’on a jamais fait autant, mais on pensait avoir plus de subventions, alors on s’est retrouvés dedans. Au final on a eu un trou dans notre budget par manque de soutien. Il ne s’agit pas de pointer du doigt les collectivités, on comprend qu’elles n’ont pas les moyens de débloquer des grosses sommes pour des événements culturels comme Ecolo’zik, même si on peut le regretter.

Essonne Info : pourquoi les subventions habituelles ne suffisent plus ?

Maximilien Fernandez : le festival devient trop gros. On n’a pas les moyens financiers pour accueillir trois mille personnes.  Il faut de l’argent pour encadrer ce monde, les mettre en sécurité et surtout leur proposer un spectacle de qualité. Habituellement, les festivaliers comptent sur les organisateurs pour mettre en place les événements, aujourd’hui c’est nous qui comptons sur le public pour créer, tous ensemble, un nouveau moyen de financement avec MyShowProduction.com.

Essonne Info : donc c’est quoi l’idée derrière MyShowProduction ?

Maximilien Fernandez : l’idée c’est qu’au lieu de laisser mourir un festival comme Ecolo’zik par manque de moyens, les festivaliers peuvent investir pour le financer et ils seront remboursés après l’événement. Les internautes deviennent comme des actionnaires qui investissent sur un événement, ce que j’appelle des e-producteurs.

MyShowProduction est une entreprise dont je suis le gérant, il s’agit de faire la promotion d’événements et de centraliser sur la même plate-forme des organisateurs et les internautes qui sont à la fois des festivaliers et des producteurs potentiels. MyShowProduction est financé par les dons des internautes, qui permettent d’organiser la communication autour des événements sponsorisés et donc d’amener d’autres e-producteurs.

Le festival Ecolo’zik sera le premier événement de MyShowProduction, mais également le premier événement de ce type en France. Désormais, tous les organisateurs souhaitant faire appel aux internautes pour se financer peuvent s’inscrire sur MyShowProduction.com.

Essonne Info :  comment en est-tu venu à créer MyShowProduction ?

Maximilien Fernandez : quand j’étais président de l’association, je ne voulais pas d’argent car je voulais faire marcher les choses par coups de main, je refusais les notions monétaires. On voulait montrer qu’on pouvait faire des choses intelligentes par nous-mêmes sans forcément dépendre de l’argent des contribuables, ou de n’importe quel argent. J’ai peut- être été un peu con, je me suis rendu compte un peu tard que tout fonctionne par l’argent. Ce n’est pas que l’argent ne soit pas malsain, mais c’est un outil indispensable pour construire de nos jours.

Il y a aussi l’exemple du Furia Sound Festival qui a été annulé pour des problèmes de subventions, alors on se méfie de ce genre de fonctionnement. Mais je ne me permettrais pas de cracher dans la soupe, les subventions restent un atout indispensable pour l’action associative, mais il fallait trouver une solution pour financer cet événement. Je voyais se développer le principe des artistes produits par les internautes. Je me suis dit, pourquoi ne pas faire pareil avec des événements culturels ?

Ce qui est intéressant, c’est qu’ici grâce à l’action de MyShow, la subvention qu’elle soit là ou qu’elle n’y soit pas, l’événement aura lieu. Mais ça n’empêchera pas l’association en question de demander des subventions pour booster le contenu. Par exemple, pour Ecolo’zik 2013, les subventions éventuelles serviront à insérer l’écologie dans le festival.

Essonne Info :  et si vous arrivez à réunir les cent cinquante mille euros, de quoi aura l’air Ecolo’zik 2013 ?

Maximilien Fernandez : si on arrive à réunir la somme on peut avoir sept à dix mille personnes. Avec cent cinquante mille euros on devrait avoir une programmation qui ramènera au moins sept mille personnes. Si on fait plus et que les e-producteurs gagnent de l’argent, ce sera une réussite totale, les producteurs seront alors tentés de réinvestir. On devrait pouvoir créer un cercle vertueux de construction collective.

Essonne Info :  qu’est-ce qui est prévu pour la programmation ?

Maximilien Fernandez : aucune programmation n’est faisable tant qu’on n’est pas sûr du budget. La programmation commencera à être fixée au mois de juin.  Mais je peux d’ores et déjà dire qu’il y aura un grand concours pour tous les jeunes talents désirant passer sur une des scènes d’Ecolozik. On a beaucoup de monde qui nous sollicite pour passer sur nos scènes.

Essonne Info : alors si je suis d’accord pour devenir e-producteur et investir dans Ecolo’zik 2013, comment ça marche ?

Maximilien Fernandez : au départ tu prêtes de l’argent à MyShowProduction.com, si l’événement qui t’intéresse à lieu et fonctionne, tu permets de faire vivre un grand rassemblement et tu peux même gagner de l’argent. Dans le pire des cas, l’événement n’a pas lieu et on te rend ton argent. Plutôt que de laisser mourir des événements tel que Ecolo’zik par manque de moyens, l’internaute décide de nous faire confiance et nous confie son argent pour que l’association mette sur pied le festival. Cet argent servira à payer les factures, la logistique, les artistes, la scène, la sécurité, et tout ce qui sera nécessaire… à partir du moment où le festival s’ouvre, la moindre rentrée d’argent, c’est-à-dire les ventes de boisson, de nourriture, de tee-shirts et d’autres goodies sera divisée entre chaque e-producteur. Si on arrive à se rembourser de cent cinquante mille euros, on rendra à chacun ce qu’il a investi. Si on gagne plus, la valeur de la part augmentera et les e-producteurs feront alors des bénéfices. MyShowProduction.com prend un euro trente par part vendue, c’est comme ça que l’entreprise se paie et finance la communication autour de l’événement en question.

Celui qui prend cinq parts aura une entrée gratuite. Pour aller plus loin, le « meilleur » e-producteur aura droit à une loge privée dans laquelle il pourra inviter quatre de ses amis,  il sera reçu par des hôtesses avec une coupe de champagne et pourra rencontrer les artistes de la programmation. D’autres récompenses sont prévues pour les e-producteurs.

Avec quinze mille parts à dix euros chacune et sept mille visiteurs attendus, on devrait largement couvrir les cent cinquante mille euros. Si jamais on perd de l’argent, alors les e-producteurs seront remboursés à auteur de la recette. Mais quoi qu’il arrive les investisseurs ne perdront jamais leur somme en totalité.

Le site de MyShowProduction.com a ouvert le 8 février. La publicité pour Ecolo’zik va démarrer au mois de mars avec des flyers, des affiches et des goodies distribués dans des concerts. On fera le point au mois de décembre sur les ventes, et on pourra envisager de se donner plus de temps.

Frédéric Baud


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