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Société. Face aux fermetures répétées des CAF du département, notamment à Évry ce lundi, nous avons interrogé Viviane Pereira-Gomez, présidente de la Caisse d’allocations familiales de l’Essonne, à l’occasion de l’inauguration d’une épicerie sociale à Viry-Châtillon.

  • Photo : les portes de la CAF étaient fermées lundi matin. (© JM/EI)

Essonne Info : nous avons pu constater des fermetures à répétition dans les CAF de l’Essonne ces derniers mois. Comment les expliquez-vous ?

Viviane Pereira-Gomez : nous devons faire face à une affluence massive de personnes qui, pour la majeure partie, se sont retrouvées au chômage au début de la crise. Cette crise a commencé en 2009. Ça fait maintenant plus de deux ans donc que les personnes n’ayant pas retrouvé d’emploi ne peuvent plus toucher le chômage aujourd’hui. Ainsi, ces personnes quittent le Pôle emploi pour rejoindre la CAF et bénéficier du RSA. La crise a également touché les femmes seules qui éprouvent des difficultés pour payer leur loyer. Elles sont de plus en plus nombreuses à faire appel à nous.

L’autre problème c’est que l’on reçoit énormément de courrier. Il y a deux ans, on recevait quatre mille documents par jour. On en reçoit aujourd’hui près de huit mille. On a presque doublé. A côté de ça, notre personnel n’a pas doublé, loin de là. On est soumis à ne pas remplacer un départ sur deux à la retraite. En plus, en Essonne, on a de la chance, on a vingt-sept congés maternité. On doit donc faire face à une réduction des effectifs et à une augmentation de la masse de travail. Du coup, on accumule du retard. Face à cette situation, il y a des jours, voire des semaines, où l’on préfère fermer la CAF pour qu’on puisse s’activer sur les dossiers et rattraper le retard.

Essonne Info : pourtant, lors de la fermeture de la CAF d’Evry de lundi dernier, la direction expliquait fermer « pour des raisons de sécurité ».

Viviane Pereira-Gomez : en plus de cette situation, la CAF d’Evry a un problème de locaux. Effectivement pour des raisons de sécurité nous n’avons pas le droit d’accueillir plus de quatre-vingts personnes à l’intérieur. Ce lundi matin, comme souvent lors des premiers lundis du mois ou du retour des vacances, on avait déjà quatre-vingts personnes avant 9 heures. On les fait entrer mais on ferme les grilles. Au début on fermait juste la porte mais il y a eu des bagarres et des vitres cassées. Donc on ferme les grilles, on gère ceux qui sont à l’intérieur et ensuite on essaye de faire entrer une vingtaine ou une trentaine de personnes dès qu’on le peut.

Essonne Info : n’y a-t-il pas d’autres solutions pour réguler l’affluence que de fermer vos portes ?

Viviane Pereira-Gomez : depuis le mois de janvier, on essaye de mettre en place un système de rendez-vous. Soit les personnes obtiennent un rendez-vous par téléphone, soit on leur en fixe un lors de leur venue à la CAF. Le dossier à constituer étant très lourd, il faut qu’on puisse prendre le temps d’expliquer les choses et pas entre deux portes. Aujourd’hui on a fixé deux plages de rendez-vous, sur deux après-midi dans la semaine mais on veut étendre le système plus largement. Ainsi, le technicien qui va recevoir la personne sait qui il reçoit et a la possibilité de consulter le dossier avant la rencontre pour vérifier que rien ne manque. On a également notre site Internet (www.CAF.fr) qui permet aux allocataires de consulter l’avancement de leur dossier, la date de leurs versements, ce qui devrait limiter les déplacements. Pour autant, on voit bien que cela ne rassure pas les gens qui préfèrent venir quand même. Et puis, tout le monde n’a pas Internet ou ne sait pas forcément s’en servir. Quand on est dans la très grande précarité on a des fois besoin qu’on nous prenne par la main.

Categories de l'article: Evry / Corbeil, Société
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