PUBLICITÉ

 

Politique. Ce lundi, le conseil général a adopté son nouveau schéma directeur territorial d’aménagement numérique (SDTAN) lors de la séance publique. Une première étape vers une couverture de l’Essonne en très haut débit pour les uns, un « catalogue de bonnes intentions » pour les autres.

  • Photo : l’assemblée départementale, lundi en plein débat sur le haut débit en Essonne. (© DM/EI)

« En 2025, 100% des foyers français devront avoir accès au très haut débit » promettait Nicolas Sarkozy au moment de l’annonce du programme national très haut débit en 2010. Si les projets de couverture pour 2025 des opérateurs privés (Orange, SFR, Bouygues Télécom, Free) sont importants en Essonne, ils se concentrent sur une petite partie du territoire. Ces projets concernent 75% de la population essonnienne mais ne couvrent seulement qu’un quart du département. La faute aux opérateurs qui ne souhaitent pas investir dans certaines zones jugées moins rentables que d’autres. En adoptant ce SDTAN, la majorité (PS) au conseil général souhaite « rétablir l’égalité numérique entre les citoyens et les territoires ». Pour Francis Chouat, premier vice-président du conseil général en charge de ce dossier, « il est fondamental qu’un habitant du sud de l’Essonne ait les mêmes possibilités qu’un habitant du nord. » Autres enjeux de cet aménagement numérique, l’accès au très haut débit des sites publics et des zones d’activités économiques. « Il est nécessaire de prendre conscience que, tout comme les services publics, les besoins des entreprises évoluent », expliquait Francis Chouat lors de la séance publique.

Deux scénarios possibles

Deux scénarios de couverture sont dès lors envisagés. Le premier, privilégié par le gouvernement, prévoit la couverture en fibre optique de tout le territoire, le « tout FTTH ». Un scénario qui coûte 245 millions d’euros. Pour la majorité, cet objectif est irréalisable tant le manque de visibilité sur les financements (publics et privés) et les contraintes pesant sur les collectivités territoriales ne permettent pas de l’envisager. Cette dernière privilégie donc le deuxième scénario, celui d’une couverture progressive du territoire, estimé à 145 millions d’euros. Interrogé par nos confrères du Républicain, Jérôme Guedj, président du conseil général, s’était prononcé pour « un schéma et un calendrier qui privilégieront dans un premier temps la couverture des sites publics et des zones d’activités prioritaires, avant la couverture progressive de toutes les zones du département. Ce qui veut dire que nous développerons également des solutions autres que la fibre optique pour proposer du très haut débit. » En optant pour ce deuxième scénario, le conseil général souhaite intervenir dans le déploiement du très haut débit là où les opérateurs n’iront pas.

  • Photo : pour Francis Chouat, premier vice-président (PS) du conseil général, « il est fondamental qu’un habitant du sud de l’Essonne ait les mêmes possibilités qu’un habitant du nord. » (© DM/EI)

Débat à l’assemblée départementale

Si tout le monde s’accorde pour dire que le très haut débit est un enjeu majeur pour le territoire essonnien, ce SDTAN ne fait pas l’unanimité au sein même du conseil général. Guy Crosnier, conseiller général (UMP) de Méréville regrette le choix du scénario : « Je vois d’un côté le scénario rêvé et de l’autre le scénario cloisonné vers lequel nous nous orientons. Le SDAN ne peut être le pansement sur la jambe de bois du Sud-Essonne. Il faut allez plus loin. » Du côté du groupe UPE, Nicolas Schoettl a quant à lui dénoncé un « catalogue de bonnes intentions » : « Tout ceci ne paraît pas très sérieux, ça représente beaucoup d’argent public en études et en affichage sans la moindre concrétisation ni engagement. » Pour le conseiller général du canton de Limours, le discours de la majorité « ne répond pas aux attentes des entreprises qui préfèrent s’installer dans les Hauts-de-Seine où le rapport numérique veut dire quelque chose. » En réponse, Francis Chouat pointe du doigt le désengagement de l’État : « Lorsque l’État décide d’un plan d’aménagement du très haut débit au plan national mais qu’il ne crée rien pour conduire ce plan, c’est qu’il y a un problème. Si ce cadre existait, alors vos critiques pourraient être mieux entendues. » Pour Marjolaine Rose du Front de gauche, ce sont les opérateurs privés les premiers fautifs : « Qu’est-ce qui peut laisser les opérateurs privés ne couvrir que les zones rentables ? Ces entreprises sont là pour faire de l’argent certes, mais également pour développer le territoire. » Le SDTAN a finalement été adopté sans grande surprise. Pour autant, on semble bien loin du jour où l’on pourra surfer en très haut débit dans tout le département.

Quentin Brarda

Quentin Brarda

twitter

Quentin Brarda est journaliste à Essonne Info. Vous pouvez le contacter sur Twitter ou par courriel (quentin@essonneinfo.fr)


Categories de l'article: Politique
PUBLICITÉ

Contribuez à cet article