Social. Ils sont en grève depuis jeudi dernier. Au Plessis-Pâté, les préparateurs de l’entrepôt Dia attendent toujours leur prime de participation pour l’année 2011.
- Photo : l’entrepôt Dia au Plessis-Pâté. (© AD/EI)
La totalité des préparateurs de la base logistique, situé dans la zone de la Tranblaie au Plessis-Pâté qui livre les supermarchés ED et Dia du sud de l’Ile-de-France, ont cessé le travail depuis plus d’une semaine. La chaîne de distribution alimentaire appartenait au groupe Carrefour, avant d’être cédée l’année dernière. L’occupation a été décidée par les salariés après l’annonce d’une réduction de la moitié du montant de leur prime de participation, équivalente à un mois de salaire.
Un nœud du problème qui pourrait être les conséquences de la séparation des magasins avec le groupe Carrefour. « Pour tenter d’expliquer cette attaque contre notre pouvoir d’achat, la direction s’appuie sur la situation générée par la scission », explique la CGT dans un tract. A l’époque, la direction avait signé un accord pour compenser la différence du versement de la participation de Carrefour. « Les salariés ont lancé leur mouvement suite à l’annonce du non-versement de la participation par la direction pour l’exercice 2011″, commentent les délégués syndicaux du site, qui considèrent que le nouveau groupe ED/Dia est « en violation avec l’accord supplétif de juillet dernier ».
« Depuis une semaine nous sommes vraiment déterminés »
Ce vendredi, une réunion est prévue entre la direction et les représentants des salariés du groupe, au siège social de Vitry-sur-Seine (94), pour entamer les négociations sur la participation de l’année 2012. Une demande de rencontre qui ne passe pas auprès des salariés essonniens, les seuls à avoir continué le mouvement. « Nous voulons d’abord parler de 2011″, lance Laurent, un des représentants du personnel. « En 2010 nous avons touché l’équivalent d’un salaire, mais cette année, un préparateur de commande qui n’aura pas été absent, bénéficiera seulement de 350 à 450 euros », complète le syndicaliste, qui avec vingt et un ans d’ancienneté n’aura touché que 250 euros.
Pour les salariés en lutte, l’objectif de la mobilisation n’est pas de handicaper l’entreprise, mais le respect de leurs droits. Notamment quand le groupe « a fait venir des chefs de magasins pour essayer de préparer les commandes », témoigne Laurent qui avait alors saisi l’inspection du travail, « pour faire arrêter ça. » De son côté, Anne, également représentante du personnel, s’inquiète d’une situation qui, générée par la baisse de la participation 2011, engendre une précarité grandissante parmi les salariés.
Comme dans beaucoup de grandes entreprises, la communication avec la presse est centralisée : « Appelez le service marketing », nous indique le directeur de l’entrepôt. Contactée, la personne pouvant nous répondre n’était pas disponible.
« Des salariés nous disent qu’ils sont obligés d’aller aux restos du cœur »
Entre a priori sur leur mobilisation et inquiétudes concernant leur avenir et leur pouvoir d’achat, Anne et Laurent, deux des représentants du personnel du site du Plessis-Pâté, témoignent pour Essonne Info.
- Photo : pour Anne, la baisse de la participation mettra en difficulté financière un grand nombre de salariés manutentionnaires. (© AD/EI)
Anne : « On nous a fait des promesses. La prime de participation devait être maintenue, coûte que coûte. Aujourd’hui on nous annonce qu’il n’y aura plus rien. Beaucoup d’employés, qui ont un salaire peu élevé, comptent sur cette prime pour rembourser des prêts, payer des loyers de retard, prendre un peu de vacances … c’est vraiment une souffrance. »
- Photo : pour Laurent, les salariés en lutte ne sont pas des casseurs. (© AD/EI)
Laurent : « Nous ne sommes pas des casseurs, des briseurs d’entreprises, nous demandons simplement à vivre normalement. Vivre normalement, c’est avoir notre salaire et ne pas faire les frais d’une économie draconienne. Les primes de productivité et d’intéressement baissent, la prime de participation diminue. A ce rythme-là nous n’aurons bientôt qu’un salaire et point final. Il faut que l’entreprise comprenne que nous sommes aussi des pères et des mères de famille. Aujourd’hui nous ne voulons pas survivre, on travaille pour gagner notre vie. Des salariés nous disent qu’ils sont obligés d’aller aux restos du cœur. »
Damien Mariller
Diplomé de la Chambre de commerce de Paris, Damien Mariller est journaliste à Essonne Info (@EssonneInfo). Vous pouvez le suivre sur Twitter (@DamienMariller) ou le contacter par mail (damien@essonneinfo.fr)






























