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Social. Les journées portes ouvertes de la Faculté des métiers ont débuté ce mercredi sur fond de grève. Les salariés grévistes se mobilisent à l’appel des syndicats pour un plan de retour à l’équilibre sans licenciements secs. De son côté, la direction de l’établissement convoquait la presse pour présenter ses chiffres et ses objectifs.

  • Photo : la Faculté des métiers de l’Essonne. (© DM/EI)

Jusqu’ici, le mouvement social lancé par l’intersyndicale (CGT, CFDT, FO) ne semble pas entraver le bon déroulement de ces journées portes ouvertes. L’année dernière, cet événement avait attiré quelque trois mille jeunes en quête de formation, débouchant sur pas moins de sept cents inscriptions. Autant dire que ces quatre jours sont d’une importance majeure pour la Faculté des métiers (FDME) qui souffre, entre autres, d’un manque cruel d’apprentis.

C’est dans ce contexte que son nouveau président Max Peuvrier donnait un point-presse ce jeudi sur le site d’Évry aux côtés de Thomas Chaudron, président de la Chambre de commerce et de l’industrie de l’Essonne (CCIE) et Laurent Munerot, président de la Chambre des métiers et de l’artisanat de l’Essonne (CMA). Les deux chambres consulaires financent en partie le projet avec la région, l’État et la taxe d’apprentissage. Max Peuvrier s’est d’abord réjoui du taux de réussite de 80% de ses apprentis à l’issue de leur formation : « Aujourd’hui, on est certains de pouvoir proposer une entreprise à ces jeunes. » Il a ensuite affirmé sa volonté de renforcer le projet pédagogique de l’établissement et ainsi d’enrichir son offre pour attirer plus d’apprentis. A moyen terme, la faculté, qui forme du CAP au BTS, souhaite pouvoir former des Bac +3 et même des ingénieurs. Max Peuvrier s’est fixé comme objectif personnel de passer la barre des trois mille cinq cents apprentis par an, « peut être d’ici quatre ou cinq ans. »

 Cinquante-sept postes supprimés

Mais voilà, tout n’est pas si rose à la Faculté des métiers. « Comme vous le savez, depuis le mois d’octobre l’établissement était en très grande difficulté financière », entame Max Peuvrier. La dette de la FDME culmine aujourd’hui à 6,3 millions d’euros, « d’où la nécessité d’un plan de sauvegarde de l’emploi pour répondre à l’urgence et permettre de redresser la situation sur le plan financier ». Il y a un mois, ce plan s’établissait à soixante-trois suppressions de postes. « Aujourd’hui, nous sommes tombés à cinquante-sept postes supprimés », annonce-t-il. Six postes seraient ainsi sauvés « grâce à deux décisions » prises par la direction. La première c’est le transfert du site de Massy, spécialisé dans les métiers du tertiaire, vers Chilly-Mazarin où le loyer serait nettement plus avantageux. Deuxième décision, le maintien de la section BTS tourisme qui était menacée de fermeture.

« Par chance, on a eu une demande de la société Aéroports de Paris (ADP) pour former des apprentis à l’accueil des touristes dans les aéroports », explique Max Peuvrier. Un accord devrait bientôt être passé avec ADP pour mettre en place au moins une classe la première année. Pas sûr que cela suffise pour apaiser l’intersyndicale et les salariés en grève qui seraient près de quatre-vingts selon la CGT. Chiffre remis en cause par la direction. « J’en ai compté vingt-huit ce matin et a priori il y en aurait une quarantaine », minimise Max Peuvrier. Thomas Chaudron a, lui, fait part de son regret « qu’un préavis de grève soit lancé le premier jour des portes ouvertes, quand on sait que près d’un tiers de nos inscriptions passent par ces journées d’information. »

  • Photo : conférence de presse de la Faculté des métiers, avec de gauche à droite, Laurent Munerot, Max Peuvrier et Thomas Chaudron. (© DM/EI)

Les soutiens de l’intersyndicale

De son côté, l’intersyndicale enchaînait les rendez-vous pour présenter et faire appuyer son plan de retour à l’équilibre. Car si tout le monde s’accorde sur la nécessité d’un plan de restructuration, les syndicats prônent un autre projet pour la Faculté des métiers, « sans licenciements secs, donc sans souffrances de salariés et ce dans une vraie dynamique de développement », précise Salina Oughou, déléguée CGT. Hier, une délégation a donc été reçue à la mairie d’Évry dans la matinée, puis par le groupe Front de gauche du conseil général dans l’après-midi. Dans un communiqué, le député-maire d’Evry Manuel Valls a affirmé son soutien au projet porté par l’intersyndicale. Le Front de gauche a, lui, annoncé par la voix du conseiller général Bruno Piriou qu’il allait faire voter une motion de soutien au conseil général.

L’intersyndicale continue sa quête de soutiens aujourd’hui puisqu’une délégation sera reçue au conseil régional par les services techniques et par les élus. Pour autant, la direction de la FDME s’accroche à son plan de sauvegarde des emplois assurant que les départs volontaires et les départs à la retraite seront favorisés avec pour objectif « zéro licenciement » selon Max Peuvrier. Si la direction semble afficher les mêmes objectifs que les syndicats, on est loin d’avoir trouvé un terrain d’entente entre les deux. Pour clôturer ces journées portes ouvertes, une manifestation est attendue samedi matin devant l’entrée du site d’Évry.

Quentin Brarda

Quentin Brarda

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Quentin Brarda est journaliste à Essonne Info. Vous pouvez le contacter sur Twitter ou par courriel (quentin@essonneinfo.fr)


Categories de l'article: Evry / Corbeil, Massy / Longjumeau
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