Société. Pour de nombreuses associations essonniennes engagées dans la coopération décentralisée au Mali, l’heure est à l’attente. La visite d’une trentaine de représentants maliens prévue ce jeudi 29 mars reste incertaine. Les voyages des représentants des associations Aïgouma, basée à Cerny, et Mennecy Echanges Boni ont été annulés.
- Photo : Alain Prat ne sait toujours pas si il pourra prendre l’avion pour le Mali. (© NP/EI)
A Cerny, la visite est suspendue
Alain Prat est dans l’attente. A quelques heures de son embarquement pour le Mali, le président de l’association humanitaire Aïgouma s’est vu dans l’obligation de rester en France. Le coup d’État survenu jeudi 22 mars ne lui a pas permis de rejoindre Bamako (NDLR : capitale du Mali) pour faire le point sur l’avancement des actions menées dans la région de Douentza depuis 2009.
Une tension grandissante
Au milieu de ses bagages pleins à craquer, le président d’Aïgouma n’est pas vraiment étonné de la tournure des événements : « Depuis la fin des combats en Libye, les Touaregs partis se battre pour Kadhafi sont revenus au Mali lourdement armés. Ils revendiquent toujours la libération d’un bout de territoire malien et ont mené plusieurs attaques sur des villages. » Moins équipée et incitée par le président Amadou Toumani Touré à ne pas s’engager dans un conflit à quelques jours du premier tour des présidentielles du pays, l’armée malienne s’est vue contrainte de reculer. Une gifle que les militaires n’ont pu supporter, renversant le président. Depuis plusieurs années, la situation s’est fortement dégradée dans ce pays pourtant reconnu pour sa vie démocratique intense. L’enlèvement et la mort de deux Français en 2011 par la branche africaine d’Al-Qaïda (AQMI : Al-Qaïda au Maghreb islamique) et les attaques touaregs ont plongé le nord du pays dans la fébrilité.
« Nos actions ne sont nullement suspendues »
La situation restant confuse, impossible pour l’association basée à Cerny d’y envoyer son représentant. « L’objectif était de faire un point sur l’état des deux puits dont la construction venait d’être lancée sur la commune de Gandamia, détaille Alain Prat. L’idée était également de voir si l’installation de l’eau courante dans une école a pu accroitre la fréquentation de l’établissement. » Sur place, peu d’informations filtrent. « Le couvre-feu ayant été établi et la radio du pays étant sous contrôle, les contacts sur place n’ont pas plus d’informations. Ce qui est sûr, c’est que nos actions ne sont nullement suspendues. » Situation identique pour Mennecy Echanges Boni, qui organisait samedi une conférence sur la familles et les femmes africaines. Profitant de cet occasion, Essonne Info est allé à la rencontre de l’auteur malien Moussa Konaté, invité d’honneur de l’association menneçoise.
Nicolas Pointu
Journaliste
























