PUBLICITÉ

 

Société. L’auteur malien Moussa Konaté est revenu pour Essonne Info sur la crise que traverse son pays. Il était l’invité, dimanche, des dix ans de l’association de coopération humanitaire, Mennecy Echanges Boni.

  • Photo : Moussa Konaté, lors d’une conférence, samedi à Mennecy, sur la famille et les femmes africaines. (© DM/EI)

« Quand la grande muette veut prendre la parole, elle prend la télévision et la coupe », ironisait Mamane, humoriste et chroniqueur à RFI (Radio France International), jeudi dernier sur les planches du théâtre de l’Arlequin à Morsang-sur-Orge. Quelques heures auparavant, la junte militaire venait de renverser le gouvernement du président malien Amadou Toumani Touré, à la tête du pays depuis 2002.

« Pour l’heure, il est impossible de connaître l’issue du coup d’État »

Profitant samedi de la soirée du dixième anniversaire de l’association Mennecy Echanges Boni – une association de coopération humanitaire qui, avec sa sœur jumelle Boni Echanges Mennecy, intervient auprès des populations de cette ville du centre-est du Mali – Essonne Info est allé à la rencontre de Moussa Konaté. Invité d’honneur d’une conférence donnée par l’association sur la famille et les femmes africaines, l’auteur et éditeur malien est revenu sur les derniers événements que traverse son pays.

« C’est une situation qui était prévisible », commente d’emblée Moussa Konaté qui fustige une « corruption qui gagne du terrain. Pas seulement en Afrique, mais dans le monde entier. » Pour cet homme de lettre et de théâtre, le coup d’État n’est pas seulement la conséquence de la grogne des militaires face à la faiblesse du régime malien, dans le conflit avec la rebellion touareg, mais la conséquence « d’une gestion du pays qui ne va pas ». Cela explique, pour Moussé Konaté, « la révolte de ces jeunes militaires. »

Moussa Konaté : « Pour l’heure, il est impossible de connaître l’issue du coup d’État. Il y a de nombreux jeunes gens [NDLR : les militaires] qui ont pris beaucoup de risques, au péril de leur vie. Il y a tellement de personnes, d’institutions internationales qui leur en veulent, que rien ne prouve qu’ils iront jusqu’au bout et que les responsables politiques qu’ils ont renversés ne reviendront pas un jour au pouvoir. »

Mercredi, une délégation de la Cédéao (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) est arrivée à Bamako pour entamer les pourparlers avec la junte militaire. Quelques heures avant, plusieurs milliers de personnes favorables au coup d’État, ont manifesté dans les rues de la capitale malienne. En attendant la fin des troubles, les membres de Mennecy Echanges Boni ont suspendu, comme beaucoup d’associations, leur voyage bisannuel au Mali.

Damien Mariller

Damien Mariller

facebooktwittergoogle pluslinkedin

Diplomé de la Chambre de commerce de Paris, Damien Mariller est journaliste à Essonne Info (@EssonneInfo). Vous pouvez le suivre sur Twitter (@DamienMariller) ou le contacter par mail (damien@essonneinfo.fr)


Categories de l'article: Mennecy / Milly, Société
PUBLICITÉ

Contribuez à cet article