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Social. Depuis une semaine, le transport de bus a été interrompu dans de nombreuses communes notamment du Val d’Essonne ou de Corbeil. En cause : une nouvelle grève chez STA-Kéolis.

  • Photo : la direction a choisi de cadenasser les grilles du dépôt pour empêcher les grévistes de pénétrer sur le site. (© NP/EI)

La pression monte lentement sur le site STA d’Ormoy. Après avoir décidé de cesser le travail il y a une semaine, les chauffeurs bloquent à présent le dépôt. Des revendications salariales et des inquiétudes en matière d’acquis sociaux sont une nouvelle fois à l’origine du mouvement de contestation. Malgré l’obligation de la STA d’assurer un service minimum, quotidiennement, près de quinze mille voyageurs se retrouvent piégés. En mars 2010, un conflit identique avait duré vingt-deux jours.

Un dialogue difficile à renouer

Rattachée à la société Kéolis, la STA est totalement paralysée. Pas un bus ne sort malgré les tentatives plutôt « molasses » de la direction du site à forcer le barrage de fortune mis en place par les grévistes. Un huissier note, calepin à la main, le nom des salariés entravant l’avancée du véhicule dans la perspective de poursuivre ces derniers en justice. Les railleries bon enfant qui accueillent le directeur venu dégager le parking montrent à quel point le dialogue social au sein de l’entreprise semble difficile à renouer.

  • Photo : la façade de la STA à Ormoy a été recouverte de messages revendicatifs. (© NP/EI)

Une dégradation des acquis sociaux

« Toutes les filiales de Kéolis ont obtenu au minimum 2% d’augmentation et des primes, lâchent Daniel Bastos, Achym Achem et Baha Boudhaouia les trois représentants syndicaux. De notre côté, nous n’avons eu que 1,2 %. Nous demandons simplement l’équivalent de l’inflation. » Possédant des amplitudes horaires importantes avec des temps de pause conséquentes entre deux services, les chauffeurs grévistes de la STA demandent également une prime de transport de deux cents euros nets par an pour compenser leurs multiples allers-retours entre leur domicile et le dépôt. Dernièrement, la prise en charge à cent pour cent de la mutuelle santé des chauffeurs par la société, la récupération des jours fériés et le paiement à la semaine ont été remis en cause. Une goutte d’eau qui a fait déborder un vase déjà plein.

Un air de déjà vu

En 2010, un conflit prenant déjà sa source dans des demandes de revalorisation salariale avait pris fin après vingt-deux jours de grève. Le pourrissement de la situation avait lourdement pesé sur la mobilité des habitants des zones les plus rurales du département desservies par la société. Une société qui pourrait décider de jouer une nouvelle fois le même air, et de mettre dos à dos chauffeurs et voyageurs pourtant animés par un même souci : préserver un niveau de vie à l’agonie.

Malgré nos demandes répétées, la direction de la STA n’a pas souhaité s’exprimer sur ce nouveau conflit.

  • Photo : un barrage de fortune bloque la sortie du dépôt. (© NP/EI)

Nicolas Pointu

Journaliste


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