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Transport. Comme des milliers d’usagers des transports en commun d’Ile-de-France, les journalistes d’Essonne Info empruntent chaque jour les différentes lignes de RER du département. Récit d’une matinée de semaine à bord de la ligne la plus encombrée du réseau francilien (lire notre enquête).

  • Photo : la gare RER de Châtelet-les-Halles aux heures de pointe. (© RATP)

Sept heures cinquante-cinq. Nous devons nous rendre à Châtelet-Les-Halles. Nous sommes sur le quai de la gare Fontaine Michalon sur la ligne B et conformément aux horaires de la RATP, le prochain train est annoncé à huit heures. Huit heures cinq, toujours pas de RER à l’horizon. Soudain, le panneau d’affichage change. Le train suivant accusera finalement un retard d’environ dix minutes. Dix minutes, c’est évidemment trop long pour de nombreux usagers.

Charlotte, 26 ans nous raconte son calvaire lorsqu’elle était étudiante à la Sorbonne nouvelle à Paris :

«C’est chiant, chiant, chiant. A l’époque, j’habitais à Nozay. Le trajet vers Paris était déjà difficile à supporter mais si vous ajoutez les retards, les grèves et les trains sans arrêt…..ça devient carrément insupportable. Au final, je ratais souvent les premières minutes de cours. Le pire, c’est de s’accommoder avec ces horaires décalés. Tu te dis, c’est bon, j’ai l’habitude, le train est toujours en retard. Au lieu d’être chez moi à dix-neuf heures, j’y serai à vingt et une heure. C’est pas normal. Ah, j’oubliais, même quand il vient à l’heure, le train est susceptible de faire du surplace. Pour faire deux stations, tu mets dix minutes. A la fin, je te le dis, tu craques!»

Après un quart d’heure d’attente, un train est enfin annoncé mais il est sans arrêt. Cela fait maintenant une demi-heure que nous sommes sur le quai. Impatients, perdus et frustrés, nous décidons d’interroger un agent RATP. Ce dernier confus et gêné ne peut nous informer. Pour lui, ces retards sont fréquents et il n’y a rien à faire pour y remédier. Il faut juste attendre. Un train marque finalement l’arrêt à notre station mais malheureusement, notre parcours du combattant ne fait que commencer. Le RER est à peine arrivé en gare que les voyageurs se bousculent pour trouver une petite place dans un wagon déjà bien rempli. La chaleur et la tension montent rapidement. Quelques passagers rodés appellent leurs collègues de bureau pour leur signaler leur énième retard tandis que d’autres se disputent le dernier centimètre d’espace disponible. Dans la foulée, nous apprenons que ce train est omnibus. En d’autre terme, «il desservira toutes les gares». Neuf heures dix. Fin du cauchemar. Nous arrivons enfin à Châtelet-Les-Halles et le train se désengorge rapidement. Ironique, non ?

Depuis plusieurs années, des associations d’usagers crient au scandale. Elles se sentent négligées et surtout ignorées. La cause ? La demande augmente mais l’offre ne suit pas. La ligne B est empruntée par neuf cent mille voyageurs par jour, dont trois cent mille sur la partie nord (entre Paris Nord et Aéroport Charles de Gaulle, et entre Paris Nord et Mitry-Claye). Entre 2000 et 2010, le taux de fréquentation a connu une croissance de près de 35%. Aujourd’hui face à ces chiffres, nombreux sont les trains qui accusent des retards pouvant aller jusqu’à quarante minutes en heure de pointe.

Charlène Nguidjol


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