Social. La STA et TransEvry demandent l’expulsion des grévistes qui « bloquent » les dépôts de Bondoufle et d’Ormoy. La justice rendra sa décision ce vendredi midi.
- Photo : les salariés de la STA s’étaient rassemblés devant le tribunal, avant l’audience. (© DM/EI)
Les usagers de la Tice et des lignes de bus gérées par la STA sauront ce vendredi midi si, oui ou non, le trafic reprendra. En grève depuis maintenant onze jours, les salariés de la société STA-Kéolis ont pris position mardi matin devant le dépôt de la TransEvry – où sont garés les bus de la Tice – pour interpeller leur directeur (qui est également celui du dépôt de Bondoufle) dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO), où ils demandent des revalorisations salariales et de meilleures conditions de travail. Une action qui paralyse depuis quatre jours un réseau desservant quotidiennement soixante-seize mille usagers dans le centre du département.
Souvent pointés du doigt, les salariés en lutte se défendent : « Cette situation aurait pu être évitée si la direction n’avait pas décidé de jouer la carte du pourrissement », témoigne un conducteur de la STA. Jeudi à 11 heures, juste avant l’audience en référé où les deux sociétés du groupe Kéolis demandent « l’expulsion de la totalité des grévistes bloquant [les dépôts], si besoin par les forces de l’ordre », ils étaient une petite cinquantaine à s’être donné rendez-vous. Parmi eux des ouvriers de la Snecma et d’Hélio, mais surtout une dizaine de conducteurs de la Tice venus soutenir leurs collègues d’Ormoy.
- Photo : les syndicalistes CGT Snecma de Corbeil-Essonnes sont venus soutenir les grévistes de la STA. (© DM/EI)
Quatre salariés de la STA devant le tribunal d’Évry
Ils sont quatre à avoir été entendus par le tribunal de grande instance d’Évry, deux délégués du personnel et deux délégués syndicaux de la STA. « Il n’y a aucune raison que les salariés d’une entreprise viennent en bloquer une autre », plaide l’avocat de la partie plaignante, qui tient à préciser que « ce n’est pas le droit de grève qui est remis en cause, mais l’entrave à la liberté de circulation ».
Rapport d’huissier à l’appui, les plaignants ont tenté de démontrer le « blocage » des dépôts par les salariés de la STA. Un document dont la crédibilité est largement entachée par la mention de chasubles aux couleurs de la CFDT, mardi matin à Bondoufle. Un syndicat qui ne dispose d’aucune présence au dépôt d’Ormoy et qui n’était pas sur les lieux lors du « blocage » de l’entrepôt des bus de la Tice. Un fait que confirme Essonne Info, présent au moment du passage de l’huissier (voir notre diaporama photos).
« La direction est ouverte à la négociation »
La justice rendra sa décision ce vendredi midi. Une décision que les syndicats espèrent assujettie à une obligation de dialogue dans le cadre d’une médiation portée par l’Inspection du travail. De son côté, le directeur des dépôts de la STA et de TransEvry n’a pas souhaité communiquer à la sortie de l’audience. Contacté par téléphone, le responsable commercial de Kéolis pour le secteur de l’Essonne et du Val-de-Marne rappelle les huit réunions organisées avec les salariés depuis l’ouverture des NAO en janvier, ainsi que les propositions faites par la direction de la STA lors de la dernière réunion de négociation de mardi. Le groupe Kéolis propose une augmentation du salaire de 1,5 %, une revalorisation de la prime du dimanche de 5,7 % et de 10 % pour la prime de vacances.
Des propositions jugées « négligeables » par les représentants syndicaux qui demandent une augmentation de 2 % du salaire général – un chiffre équivalent à l’augmentation des autres filiales du groupe -, ainsi que la création d’une prime de transport, pour intégrer le coût en augmentation de l’essence. Situés dans une zone mal desservie par les transports en commun, les chauffeurs se retrouvent obligés d’emprunter leur véhicule pour effectuer plusieurs trajets entre leur domicile et le dépôt d’Ormoy, en raison des horaires décalés. Une situation qui n’est pas sans effets sur le budget des familles.
Signe d’une amélioration des rapports, la « direction est ouverte à la négociation avec le médiateur prévu après le référé », précise le responsable du groupe Kéolis, la maison mère des dépôts de la STA et de TransEvry.
Damien Mariller
Diplomé de la Chambre de commerce de Paris, Damien Mariller est journaliste à Essonne Info (@EssonneInfo). Vous pouvez le suivre sur Twitter (@DamienMariller) ou le contacter par mail (damien@essonneinfo.fr)





























il y a eu un verdict aujourd’hui ?
Oui, le tribunal demande aux salariés de la STA de débloquer les dépôts d’Ormoy (STA) et Bondoufle (TransEvry/Tice). Voici le lien de la dépêche que nous avons mise en ligne : http://essonneinfo.fr/91-essonne-info/breves/tice-le-trafic-devrait-reprendre-en-fin-de-journee/