Zoom sur les législatives (6e circonscription). Le nouveau ministre délégué à la Ville François Lamy doit garder son siège de député s’il veut rester dans le gouvernement. Une opposition qui part en ordre dispersé va tenter de lui barrer la route, alors que son suppléant Jérôme Guedj se prépare à siéger à l’Assemblée nationale à sa place.
- Carte : la sixième circonscription comprend les communes de Chilly-Mazarin, Igny, Massy, Morangis, Palaiseau et Wissous. (© DM/EI)
Député depuis 1997, François Lamy est candidat à sa succession. Mais à la différence des scrutins précédents, le maire de Palaiseau de 1995 à 2012 laissera son mandat à son remplaçant en cas de réélection. Membre du premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault au titre de ministre délégué à la Ville, François Lamy ne peut pas cumuler les fonctions de membre du gouvernement et de parlementaire. C’est Jérôme Guedj, président du conseil général, qui le remplacera à l’Assemblée nationale en cas de victoire le 17 juin.
Dans un entretien à Essonne Info, celui qui se prépare à vêtir le costume de député de la sixième circonscription dresse ses grandes priorités en cas d’élection au Palais-Bourbon.
Deux postulants à droite vont tenter de faire de l’ombre à François Lamy. Adjoint de Vincent Delahaye à Massy jusqu’en 2008, Nicolas Samsoen (parti radical) joue sa carte locale, tandis que l’UMP a dépêché sur place Grégoire De Lasteyrie, jeune candidat qui vise une implantation à Palaiseau. Dans leur ligne de mire à chacun, le député sortant accusé de ne pas assez être présent dans la circonscription, « un véritable scandale » pour Nicolas Samsoen. La critique revient régulièrement dans la bouche de ses opposants, le candidat UMP qui veut « sortir Lamy » attaque sur la question de son absentéisme en séances et groupes de travail ces dernières années à l’Assemblée nationale, « ce qui fait de lui une cible fantôme », ironise-t-il.
Le principal concerné balaye d’un revers de main et répond « très tranquillement » à ces accusations. « C’est vrai que ces dernières années j’étais plus conseiller politique que parlementaire, mais les partis politiques participent pleinement à la démocratie », explique-t-il. Sur son bilan, François Lamy préfère souligner son « travail sur le Grand Paris » et à la commission de la défense de l’Assemblée.
Primaire à droite
Quand Grégoire De Lasteyrie promet de « rapprocher le député des habitants » et d’effectuer un rôle de « lobbying de tout un chacun » , son concurrent Nicolas Samsoen qui se définit comme « candidat Delahiste » se place comme challenger dans ce scrutin : « Je suis le seul à pouvoir battre Lamy », indique-t-il pour se démarquer de son concurrent UMP. A gauche, Colette Jan veut aussi se démarquer du député sortant. La conseillère municipale de Massy tentera de son côté de « capitaliser le score de Jean-Luc Mélenchon » sur la circonscription, avec ses 12,66% le 22 avril dernier. « J’explique à mes électeurs que François Lamy ne siégera pas », précise la prétendante du Front de gauche.
Dans une campagne où la thématique des transports et du plateau de Saclay sont centrales en terme local, chaque candidat affûte ses armes selon la ville concernée. Bien implanté à Massy, Nicolas Samsoen veut incarner le sénateur-maire de la ville dont il est un proche, tandis que son concurrent UMP, proche de Nathalie Kosciusko-Morizet entend s’imposer comme le chef de file de la droite palaisienne. De son côté, le candidat FN Cédric Giraud espère rééditer ses scores obtenus à Chilly-Mazarin aux cantonales de 2011, et Colette Jan offrir une alternative à la gauche sur la circonscription, « dont les enjeux de recherche et d’enseignement supérieur doivent être pris en compte au sein d’un pôle de coopération » .
François Lamy se montre de son côté serein, et se place désormais comme une figure nationale. Concernant ce vote, il prend de la hauteur vis-à-vis de ses concurrents : « On élit un député de la République, pas quelqu’un qui va s’occuper des trottoirs » . En attendant, son suppléant se prépare à siéger à sa place en cas de réélection, le temps que le ministre délégué à la Ville tient son portefeuille gouvernemental.
Julien Monier
Julien Monier est journaliste et rédacteur en chef d'Essonne Info (@EssonneInfo). Vous pouvez le suivre sur Twitter (@JulienMonier91) et le contacter par courriel (julien@essonneinfo.fr).
























