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Politique. L’ancienne porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy et maire de Longjumeau vise sa réélection sur la quatrième circonscription de l’Essonne. Dans une interview exclusive accordée à Essonne Info, Nathalie Kosciusko-Morizet fait le point sur son recentrage politique local dans le cadre de sa campagne législative.

  • Photo : Nathalie Kosciusko-Morizet, députée (UMP) de la quatrième circonscription de l’Essonne et maire de Longjumeau. (© DM/EI)

Nous sommes prévenus d’entrée, elle ne répondra pas aux questions concernant la campagne présidentielle. Depuis le 6 mai et la défaite de son camp, Nathalie Kosciusko-Morizet se concentre sur sa campagne en vue d’une réélection au Palais-Bourbon. La députée sortante qui se sait en danger sur ses terres électorales espère rempiler le 17 juin prochain. Elle fait le point pour Essonne Info sur sa campagne, et les enjeux liés aux transports sur la circonscription, et se projette dans le paysage politique essonnien.

Retrouvez nos précédents entretiens avec Jérôme Guedj et Nicolas Dupont-Aignan. Ce jeudi, c’est François Delapierre qui répondra aux questions d’Essonne Info dans le cadre de cette campagne des législatives en Essonne.

« Ils ont besoin d’un GPS pour trouver le marché »

Essonne Info : Au sortir du scrutin présidentiel, la droite est majoritaire de peu sur la quatrième circonscription. Comment abordez- vous cette élection ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : J’aborde de manière très confiante cette élection. Parce que j’ai une confiance qui repose sur le travail et la relation qui s’est construite dans la durée avec les habitants. A chaque élection, on voit débarquer des gens qu’on n’a pas vus pendant cinq ans, et qui ont besoin d’un GPS pour trouver le marché sur lequel ils viennent distribuer leurs tracts. Mon concurrent PS (Ndlr. Olivier Thomas) on ne le voit jamais sur le marché de Longjumeau hors période électorale. Il est conseiller régional mais on ne l’a jamais vu se mobiliser sur aucun des enjeux de la circonscription. C’est leur droit, ils font campagne comme cela. Ma confiance se fonde sur une autre relation et sur un travail de fond avec les habitants. Je fais une campagne de terrain, comme en 2007, comme j’ai toujours fait d’ailleurs. Vous avez quelqu’un comme le maire de Vaugrigneuse, (Ndlr. Marcel Bayen) il était dans le comité de soutien de François Hollande et maintenant il me soutient, car c’est moi qui ai numérisé son école. Il y a dans ma campagne à la fois une dimension politique, car c’est une élection nationale, mais beaucoup de dimension locale.

Essonne Info : Un sondage publié par le Journal du Dimanche vous donne en tête au premier tour, mais à égalité au second avec Olivier Thomas (PS). Avez-vous suffisamment de réserve de voix pour le second tour ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : La politique ce n’est pas de l’arithmétique, c’est de la dynamique. L’important c’est la dynamique qui se crée autour de vous, ce ne sont pas les étiquettes. Je suis heureuse d’avoir un soutien large avec de très nombreux mouvements politiques, mais ce sont les électeurs qui choisissent. C’est une adhésion et pas une addition de voix ou d’étiquettes. Ce que montre ce sondage, c’est qu’il y a un rassemblement très large autour de moi au premier tour. Ceci dit, je ne crois pas tellement aux sondages sur une circonscription, qui sont fait sur six cents personnes interrogées. Ce n’est pas comme un sondage national. Donc ce sondage sur la quatrième circonscription n’est pas ma boussole.

« Promettre des choses qui ne sont pas possibles, c’est mentir aux gens »

Essonne Info : Parmi les thèmes de cette campagne, il y a une association qui milite pour la gratuité de l’A10 sur la portion Essonne début des Yvelines. A la différence de vos concurrents vous n’êtes pas sur la même ligne ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : Je suis la seule à avoir fait quelque chose sur ce sujet. Les uns et les autres signent beaucoup de pétitions mais n’ont jamais rien fait. Je suis la seule à avoir contribué à apporter un certain nombre d’améliorations et d’innovations sur l’autoroute A10. Typiquement, l’utilisation de la gare autoroutière de Briis-sous-Forges, qu’on a fait avec Christian Schoetll [Ndlr. Président (Nouveau Centre) de la Communauté de communes du pays de Limours et maire de Janvry], ou l’utilisation de la bande d’arrêt d’urgence pour les bus de la gare autoroutière quand la circulation est bloquée, c’est une première au niveau national que j’ai imposée comme ministre des Transports. Il a fallu mettre en place de nouvelles règles de sécurité et aujourd’hui en France, l’A10 est un lieu d’expérimentation. Comme ministre des Transports, j’ai aussi imposé la création de parkings de rabattements qui sont en train d’être développés. J’ai également imposé la création d’un nouveau tarif, à la baisse, pour les abonnés et un tarif spécial pour le covoiturage. Je dénonce l’hypocrisie de la gauche qui promet des choses qui n’existent pas. L’autoroute A10 est une concession de Cofiroute qui dure jusqu’en 2031. Donc quand on dit qu’on va obtenir la gratuité pour les véhicules particuliers, c’est faux. Le Conseil d’Etat interdit la gratuité pour une catégorie d’usagers. Donc il faudrait que ce soit gratuit pour tout le monde. Donc si vous voulez rendre l’autoroute A10 gratuite, il faut racheter la concession, ce que personne ne fera.

Ce qu’on peut faire c’est avoir un abondement des collectivités territoriales sur les abonnements. Car il est possible de faire des abonnements à prix très bas. Au début, je l’avais obtenu du conseil général, mais ils ont rétro-pédalé et ils refusent alors que ça leur coûterait quelques dizaines de milliers d’euros seulement. Le conseil général de l’Essonne et le conseil général des Yvelines refusent de s’engager. La différence que vous soulignez, c’est la différence entre ceux qui font et ceux qui parlent beaucoup mais qui ne font pas. Promettre des choses qui ne sont pas possibles, c’est mentir aux gens.

Essonne Info : Il y a un autre axe qui est la  N 20. Après le ralentissement à cinquante à l’heure sur une portion et les aménagements prévus, que doit devenir à terme cet axe selon vous ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : C’est un sujet que j’ai pris en main comme jeune députée à partir de 2002. A l’époque, chacun faisait son truc dans son coin, il n’y avait pas de discussions entre les maires, chacun créait sa bretelle pour raccorder son centre commercial sur la N 20, c’était anarchique et même dangereux. Ce que j’ai fait lors de mon premier mandat, c’est que j’ai essayé de les mettre d’accord sur un projet. Cela c’est fait en 2006 à l’occasion des assises de la N 20. On a demandé aux maires de se mettre d’accord sur ce qu’on appelle le boulevard urbain. Le boulevard urbain c’est une vision dans laquelle la N 20 n’est pas une autoroute. C’est comme un boulevard, c’est-à-dire que l’on peut y rouler vite, mais en prenant acte du fait que l’on traverse des villes. Aux deux fois deux voies on ajoutera un transport en commun en site propre (TCSP) qui fera la liaison entre Massy et Arpajon. On est en train d’avancer sur les études avec un syndicat mixte. Il reste un problème de fond qui est que, là aussi, il y a beaucoup d’hypocrisie de la part de la gauche. Et surtout, le conseil régional, dont est membre mon concurrent PS, a refusé d’adhérer au syndicat pour ne pas avoir à payer. Aujourd’hui, un des problèmes de ce dossier c’est le cofinancement par les collectivités territoriales. J’ai fais inscrire cela au Grand Paris, pour que l’on puisse bénéficier de ces crédits. Mais la difficulté, c’est que la ministre désormais en charge de ce dossier est Cécile Duflot [Ndlr. Secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts] et elle s’est clairement prononcée contre le Grand Paris. Elle est en charge d’un dossier auquel elle est opposée. On attend un peu de voir comme ça va se passer.

« Un jeu incroyablement hypocrite sur le cumul des mandats »

Essonne Info : Vous êtes maintenant dans l’opposition. Est-ce qu’on peut parler, vous concernant, d’un recentrage au niveau local ? Est-ce que vous comptez vous investir, au-delà de votre circonscription, dans le département ? 

Nathalie Kosciusko-Morizet : Quand vous dites que je suis dans l’opposition, nous verrons quelle majorité il y aura à la sortie des urnes. Mais pour le moment, sur les législatives, il n’y a rien d’évident. J’ai toujours considéré que ma légitimité venait de l’Essonne, contrairement à mon opposant socialiste qui, lui, a été élu à Paris. Moi j’ai toujours été élue seulement en Essonne, c’est ma terre d’élection et j’y tiens beaucoup. Je n’ai pas vécu le ministère comme un éloignement. J’étais là tous les week-ends, plusieurs fois par semaine, je suis restée maire de Longjumeau. Donc je me sens un peu dans une certaine continuité. Maintenant, si la question c’est est-ce que je suis en train de me projeter sur quelque chose au niveau départemental, pas du tout. Je suis vraiment en ce moment dans une élection législative. Contrairement aux socialistes, qui jouent à un jeu incroyablement hypocrite sur le cumul des mandats, en étant tous vice-présidents du conseil général et par ailleurs candidats sur plein d’autres choses et notamment sur les législatives. Moi je trouve que mes deux mandats me suffisent largement. Je suis maire de Longjumeau et député et je ne cours pas d’autres lièvres. On voit Jérôme Guedj qui est en train de « chouiner » et d’expliquer que le cumul des mandats ça ne va pas être pour lui et qu’il va pouvoir être à la fois président du conseil général et député. Moi je veux qu’on m’explique pourquoi ça serait bon pour lui et pas bon pour les autres. Moi je suis députée et maire de Longjumeau, une ville de 22 000 habitants. Mais député et président du conseil général où il y a un million et deux cent mille habitants, il va falloir nous expliquer en quoi c’est pas bon pour les autres mais bon pour lui. Je ne suis pas du tout en train de courir ces enjeux-là.

Entrevue de Julien Monier / Retranscription de Quentin Brarda / Photos de Damien Mariller

La rédaction

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Categories de l'article: Massy / Longjumeau, Politique, Saclay / Limours
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