Société. Ce week-end le féminisme a réuni plusieurs centaines de personnes à l’université d’Évry. La deuxième édition de l’université d’été du collectif Féministes en mouvement qui regroupe plus de quarante associations a en effet rencontré un franc succès. Il a été réaffirmé à l’issue de cette rencontre « l’urgence des chantiers pour atteindre l’égalité femmes-hommes« . Essonne info a rencontré à cette occasion quelques militantes.
Photo : la ministre des Droits des femmes a été longuement applaudie par les participantes aux rencontres. (DR)
C’est en quelque sorte la suite de l’histoire. En juillet 2011, déjà à Évry, le mouvement féministe lançait un appel pour que les revendications portées par les femmes soient au cœur de la campagne présidentielle (lire notre dossier en archives). Un an après, et la très symbolique création d’un ministère des Droits des femmes, les militantes se sont une nouvelle fois donné rendez-vous dans les locaux de l’université d’Évry pour leurs rencontres d’été. C’est en présence de la nouvelle ministre et porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem que s’est conclu le week-end. Plusieurs tables rondes, une trentaine d’ateliers et des séances de débats ou de projections, ont façonné deux journées d’échanges, d’où en est sortie une volonté de poursuivre les campagnes en faveur de l’égalité femmes-hommes. Car la gauche au pouvoir ne signifie pas que les féministes relâcheront leurs efforts. « Croire que nous laisserons des chèques en blanc au gouvernement, c’est mal nous connaitre », a lancé en guise de conclusion la porte-parole du mouvement Magali de Haas. Le texte de sortie du week-end donne ainsi rendez-vous dans la rue, dès le 8 mars prochain, pour continuer de porter les revendications du mouvement et des associations.
Ce qui fait avancer les féministes
Présent sur place pour assister au débat et prendre le pouls des revendications féministes deux mois après le changement de gouvernance, Essonne Info a interrogé plusieurs militantes féministes. Plusieurs problématiques abordées lors des ateliers, mais aussi leur façon de concevoir leur engagement, ont été discutées avec les journalistes d’Essonne Info.
Pour les féministes la priorité est avant tout de « déconstruire » le modèle patriarcal qui domine. Pour elles, si les clichés subsistent aussi largement, c’est bien le signe que certains prennent goût à décrédibiliser un mouvement qui prend de l’ampleur. Tout en mettant en garde contre certains comportements qui peuvent reproduire le schéma du machisme, les militantes voient la façon de chacune de concevoir sa féminité comme une affaire personnelle. La priorité restant la lutte contre les discriminations.
Au niveau politique, l’arrivée de la gauche au pouvoir et la création d’un ministère des Droits des femmes sont souvent considérées comme un pas en avant et une aubaine pour les revendications féministes. Cependant aucune d’entre elles ne compte modifier son engagement, un ministère sans budget n’a pas de poids et le contexte de crise peut freiner la prise de mesures. Pas plus d’indulgence donc avec le nouveau gouvernement qu’avec l’ancien, la lutte et le travail associatif de fond ne changent pas.
Le féminisme se veut être un mouvement moderne et dynamique, mais ne minimise pas pour autant sa riche histoire. L’enjeu aujourd’hui est, selon les militantes, de faire prendre conscience des nombreuses inégalités tenaces. Il s’agit d’avoir en tête l’héritage des luttes des aïeules et mener au mieux les combats d’aujourd’hui en promouvant les idéaux féministes au rang d’intérêt général, certaines prônent même la mixité dans les mouvements.