Social. Un ex-employé sans papier du Carrefour d’Étampes est visé par une obligation de quitter le territoire français. Convoqué pour aller récupérer son solde de tous comptes au magasin, il a été accueilli par la police.
- Photo : l’hypermarché d’Etampes (DR)
Allassane K. est malien. Sans papiers, il a emprunté l’identité d’un ami pour travailler au sein du Carrefour d’Étampes durant six ans. Mais l’ami dont il a emprunté l’état civil se voit offrir un travail dans une filiale du groupe Carrefour. Pour ne pas porter préjudice à son ami, Allassane K. démissionne. Cependant le groupe Carrefour a réalisé qu’il existe un doublon dans leurs fichiers et lorsque le sans-papier est convoqué pour récupérer son solde de tous comptes le 15 juin, il est accueilli au magasin par les forces de l’ordre. Emmené en garde à vue il en sortira dans la journée grâce à l’intervention du Collectif pour les sans-papiers d’Étampes. Il est malgré tout sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Un appel venu de nulle part
Ce que ce collectif dénonce avant tout c’est l’attitude du groupe Carrefour. « C’est de la délation pure et simple », annonce Jacques Casals, porte-parole du collectif. Une attitude qui surprend d’autant plus qu’après être parvenu à rencontrer le directeur du Carrefour d’Étampes, le collectif a rapporté que ce dernier était satisfait du travail d’Allassane K., le même directeur réfute également être au courant de l’appel qui a prévenu la police nationale de la présence du sans-papier au magasin. En réalité, les forces de l’ordre semblent avoir été sur place par coïncidence.
Un collectif qui se démène, sans résultat
Dans un premier temps le collectif de soutien aux sans-papiers a demandé au directeur du Carrefour d’Étampes de réintégrer le sans-papier dans ses effectifs afin de lui obtenir une régularisation sur la base de ses huit ans de présence sur la territoire français et de ses six ans de travail. Devant le refus qui leur a été opposé, ils ont saisi le PDG du groupe Carrefour dans une lettre ouverte datée du 7 juillet. Ils demandent le replacement d’Allassane K. autre part au sein du groupe, dans la même optique de régularisation. Une demande restée à ce jour lettre morte.
























Ce n’est pas la gendarmerie qui est intervenue, mais la Police Nationale d’Etampes.