Transports. Que se passe-t-il au Syndicat des transports d’Ile-de-France ? L’autorité régulatrice des lignes de trains, RER, métro, bus et tramway de la région pourrait délocaliser son centre d’appel, confié à un sous-traitant qui l’installerait au Maroc. Le gouvernement s’en mêle.
C’est une histoire qui fait du bruit. Vendredi matin, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg s’en est pris publiquement au président de la région Ile-de-France et du Stif, le socialiste Jean-Paul Huchon. Dans sa ligne de mire, le nouveau marché du centre d’appel de l’autorité des transports dans la région, qui prend fin en décembre prochain. WebHelp, la société en charge de cette prestation n’accepte pas le non-renouvellement de son contrat, et brandit la délocalisation à venir du centre d’appel.
« Il y a des règles en matière de marchés publics, elles ont été respectées dans ce cas », a déclaré Jean-Paul Huchon, qui justifie le choix d’un nouveau prestataire pour la gestion de ce service d’assistance téléphonique à destination des usagers bénéficiaires de la carte Solidarité transports. C’est la société B2S qui a gagné cet appel d’offre, et celle-ci ne compte pas se faire léser dans l’histoire.
Hollande risque de « perdre la bataille de l’emploi »
Pourtant le gouvernement est monté au créneau ces derniers jours sur la question des délocalisations. Arnaud Montebourg a demandé au Stif de revenir sur l’attribution du marché, tandis que le ministre du travail Michel Sapin en a profité pour affirmer qu’il souhaitait « avantager l’emploi en France » . Dans un communiqué, le Stif regrette la situation, mais invite le gouvernement à « examiner les conditions d’introduction de clauses de préférence géographique dans les cahiers des charges des marchés publics à venir des collectivités territoriales » . Autant dire que le débat est pour le moment clos auprès de l’instance francilienne.
Du côté de l’opposition régionale, on se gausse de ce cafouillage à gauche. Conseiller régional UMP de l’Essonne, François Durovray indique que son groupe « avait souligné cette question le 11 juillet dernier » lors du conseil d’administration du Stif. « Ce que dit Montebourg aujourd’hui, c’est ce que nous demandions », affirme l’élu, qui pointe une gauche « responsable » car selon lui, le Stif « pouvait au moins relancer le marché » .
La donne pourrait cependant changer après le tollé médiatique provoqué par cette information. « Hollande ne peut pas reculer là-dessus, sinon il perd la bataille de l’emploi », prédit François Durovray. Ce mardi, Arnaud Montebourg a appelé la région à revoir sa copie : « Un choix de patriotisme économique » s’est-il justifié à l’Assemblée Nationale. Valérie Pécresse, chef de file de l’opposition à la Région, s’est réjouit de cette décision et a ironisé au micro d’Europe 1 : « Il n’est jamais trop tard pour bien faire » . Rendez-vous la rentrée.
Julien Monier
Julien Monier est journaliste et rédacteur en chef d'Essonne Info (@EssonneInfo). Vous pouvez le suivre sur Twitter (@JulienMonier91) et le contacter par courriel (julien@essonneinfo.fr).


























La Région Ile-de-France délocalise, Hollande dit que « les règles ont été respectées »
Le Syndicat des Transports d’Île de France (STIF), ne renouvellera pas son contrat avec la société Webhelp. Les appels téléphoniques vers l’Agence solidarité transport, qui renseigne les bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active et de la Couverture Maladie Universelle, sont actuellement assurés par cette société. À partir du 1er février 2013, ils devraient être assurés par un prestataire qui dispose d’une plate-forme au Maroc.
En conséquence, deux sites d’assistance de Welhelp, l’un à Fontenay-le-Comte, en Vendée, et l’autre à Saint-Avold, en Moselle, fermeraient, entraînant la suppression de 80 emplois. Selon Webhelp, la Région ne renouvelle pas le contrat à cause du prix de l’heure des centres d’appel, en France : 28 euros contre 14 au Maroc. Il indique également n’avoir aucune solution de remplacement pour ses salariés.
Le STIF dépend de la Région Ile-de-France dont le président est le socialiste Jean-Paul Huchon. Hier, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, s’est adressé à Jean-Paul Huchon. Il souhaite que « dans les services publics, dans la commande publique, nous ne soyons pas prisonniers des règles qui consistent à délocaliser les emplois ».
Le même jour, François Hollande a affirmé que les « règles ont été respectés » par le STIF. « Il y a aussi, a précisé le président de la République, ces contraintes qui existent au plan européen et qui doivent être respectées […] Je ne suis pas favorable à ce que nous entrions dans une surenchère protectionniste ».