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Les décisions au niveau du département sont prises par des conseillers généraux élus lors des élections cantonales. On ne peut qu’être surpris devant l’existence de trois expressions différentes pour désigner une même réalité. Une polysémie qui permet de mieux comprendre l’évolution de ce conseil territorial de proximité.

Des cantonniers aux cantons

Si contrairement à ce que pensait Coluche, les élections cantonales ne permettent pas d’élire les cantonniers, la proximité des deux mots n’est pas dûe au hasard. La création des cantons remonte en effet au XVIIIè siècle où la gestion des routes entre les communes nécessitait de mettre en place une nouvelle division du territoire. On regroupa donc arbitrairement certaines communes reliées entre elles afin de faciliter le travail de l’ouvrier qui devait entretenir ces routes, le cantonnier. Progressivement au cours du XXè siècle, l’État a abandonné le terme de cantonnier pour l’expression moins folklorique d’agent d’exploitation.

Les départements sont issus de la Révolution française. La Révolution Française a modifié en profondeur le découpage administratif de la France. Après avoir défini les contours des communes, l’Assemblée Nationale a créé en 1789 une structure intermédiaire entre la commune et l’État : le département. Chaque département est construit autour d’une ville centre, le chef-lieu, qui doit être accessible en moins d’une journée à cheval. Les cantons sont généralisés et regroupent des communes qui ne doivent pas être séparées de plus de dix kilomètres. Si le rôle dévolu aux services départementaux et aux préfectures a énormément évolué depuis la Révolution Française, les Français restent souvent attachés à la notion de département, comme l’a prouvé l’opposition vive à la disparition des numéros de département sur les plaques d’immatriculation. Le fonctionnement en département a notamment profondément modifié le développement géographique des communes, l’activité économique rayonnant souvent tout autour du chef-lieu.

Une élection de proximité

Le mode d’élections des conseillers généraux entraine parfois une certaine confusion chez les électeurs, qui connaissent mal les missions du conseil général. Comme le député, qui est élu lui aussi sur un territoire mais est supposé représenter l’ensemble des électeurs, les conseillers généraux doivent mêler vision politique d’ensemble et proximité locale. Les permanences des élus sont souvent un lieu important pour des électeurs en mal d’informations et de soutien, et les conseillers généraux sont amenés à participer régulièrement aux conseils d’écoles, aux conseils d’administration des collèges et des lycées ou à des rencontres avec les associations de leur canton. L’existence des cantons, même s’il n’y a pas de sentiment d’appartenance à ce canton, apparaît comme le garant du lien de proximité particulier qu’entretiennent les électeurs avec leur conseiller général.

Mathias Tessier


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