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Le groupe d’hydrocarbures Vermilion annonce à Essonne Info sa volonté de forer 13 nouveaux puits de pétrole conventionnel, dans ses concessions essonniennes de Vert-le-Grand et Vert-le-Petit.

Un puits de pétrole du Plessis-Pâté exploité par Vermilion. (MM/EI)

Un puits de pétrole du Plessis-Pâté exploité par Vermilion. (MM/EI)

 

En cette fin d’année 2014, le groupe Vermilion, présent en Essonne depuis le rachat en 2012 des concessions pétrolifères essonniennes à Total, est très actif dans le département. Les rencontres se multiplient pour les représentants de cette société canadienne, qui exploite plusieurs gisements dans les Landes et le Bassin parisien. Vermilion se prépare à soumettre au préfet un dossier d’autorisation pour l’ouverture de travaux d’exploitation de nouvelles mines d’hydrocarbures liquides. Concrètement, le groupe prévoit de forer 10 nouveaux puits sur sa concession de Vert-le-Grand, ainsi que 3 sur celle de Vert-le-Petit.

Il s’agit pour Vermilion de palier au « déclin naturel » du rendement des puits actuels, selon Jean-Pascal Simard, le directeur des relations publiques du groupe : « si on ne fore pas de nouveaux puits, on ne pérennise pas l’activité ». Pour cela, de nouveaux arrêtés de forage vont être demandés, avec le dépôt d’un dossier d’autorisation de travaux. « Les derniers forages remontent à 20 ans » explique le représentant de Vermilion, qui met également en avant les investissements réalisés et à venir pour moderniser et développer les installations existantes. « Nous avons investi 7 millions d’euros en Essonne depuis 2012 » précise-t-il, annonçant pour 2015 un total de 35 millions d’euros de dépenses dans les concessions du Bassin parisien pour des forages, divers travaux sur les puits ou d’optmisation des installations, « malgré la baisse du cours du baril de pétrole ».

 

« C’est l’Essonne ici, pas le Qatar »

 

Sur les emplacements de surface existants, à Vert-le-Grand et Vert-le-Petit, Vermilion prévoit ainsi de prolonger la durée de vie des gisements, et s’apprête à entamer les procédures nécessaires. Après instruction par les services de l’Etat, les travaux seront soumis à une enquête publique, vraisemblablement au printemps prochain, pour un arrêté préfectoral attendu pour le second semestre 2015. Les puits seraient ainsi creusés de manière oblique, à partir des sites déjà exploités par le groupe, jusqu’à une profondeur de « 1800 à 2000 mètres ».

Une perspective qui ne réjouit pas les membres du collectif anti-gaz de schiste en Essonne. L’un de ses représentants David Ammar, ne croit pas en le bienfondé de ces nouveaux forages : « pourquoi creuser? Quel intérêt? Il n’ y a plus rien la dedans, c’est l’Essonne ici, pas le Qatar. D’ailleurs c’est pour ça que Total avait vendu ces concessions ». Selon lui, en forant à cette profondeur, « ils ne seront pas loin des couches de schistes, en creusant en oblique », et de souligner qu’en Seine-et-Marne, « des permis ont été retoqués car ils perçaient la roche-mère ».

Des critiques auxquelles répond Jean-Pascal Simard. Selon Vermilion, ces travaux permettraient une augmentation de 16% de la production sur la concession de Vert-le-Grand, et multiplieraient même par 12 celle de Vert-le-Petit, sachant qu’actuellement, « la production en Essonne est de 1800 barils par jour ». Vermilion annonce ainsi vouloir jouer la carte de la « transparence » dans ses programmes de développement sur le département. « Nous respectons la loi, nous extrayons uniquement du pétrole conventionnel, et nous ne faisons pas de fracturation hydraulique ». Cette méthode décriée pointée par les opposants aux gaz de schiste reste interdite en France, mais certains s’inquiètent d’une possible remise en question de cette doctrine d’ici quelques années. « En creusant aussi profondément, ils auront fini de préparer le terrain juste au moment de l’alternance de 2017 ou de la signature des accords TAFTA » grince ainsi David Ammar.

 

Vermilion veut communiquer

 

« Nous respectons les règles, et toutes les procédures » se défend le responsable relations publiques de Vermilion, qui déclare vouloir « accompagner ces projets de forage, d’actions de communications ». Une rencontre a ainsi été organisée ce mardi avec le préfet, dans laquelle le groupe pétrolier a présenté ses intentions. Selon Jean-Pascal Simard, les mairies concernées ont également été sollicitées, et « des rencontres sont à venir avec les associations ». Le groupe insiste également sur les redevances versées aux différentes collectivités, « environ 2 millions d’euros par an » et ses actions de sponsoring sur le territoire. Un travail qui vise explicitement à se faire accepter en Essonne, malgré les critiques émises du côté des opposants à la fracturation hydraulique, qui manifestaient encore le mois dernier devant l’un des puits du groupe canadien (lire notre article).

En attendant, plusieurs élus se mobilisent pour faire adopter des motions contre l’exploitation des gaz et huiles de schiste. Ce lundi 15 décembre, lors de la séance publique du Conseil général, Marianne Duranton du groupe UMP apparentés a proposé un texte contre l’utilisation en Essonne des techniques de fracturation hydraulique, qui a été voté à l’unanimité des élus départementaux. « Je pense que les choses sont en train de bouger » explique l’élue de Morsang-sur-Orge, « quant à Vermilion, ils ont dépensé des millions pour racheter ces puits en Essonne, ce ne sont pas des philanthropes ». Et bien que « la loi ne permet pas » d’extraire le pétrole non conventionnel, rien ne dit selon elle qu’il ne pourra pas être trouvé « d’autres procédés d’extraction » dans les prochaines années.

Julien Monier est journaliste et rédacteur en chef d'Essonne Info (@EssonneInfo). Vous pouvez le suivre sur Twitter (@JulienMonier91) et le contacter par courriel (julien@essonneinfo.fr).

Les lecteurs ont posté 6 contributions pour le moment.

  1. Paris Delaware dit :

    Marre de ces groupes étrangers qui viennent piquer nos richesses! Y’a pas de français qui peuvent faire le travail? On est trop bêtes c’est ça? Préparons la transition énergétique, favorisons nos propres entreprises et nos citoyens. En attendant et de la même façon pour le pétrole favorisons nos propres entreprises et nos citoyens qui paieront des impôts en France !

    • Glagny dit :

      De même que des groupes industriels français investissent à l’étranger, ce que vous ne décriez pas, des entreprises étrangères investissent en France, ce qui est profitable pour notre économie. La xénophobie n’a pas lieu d’être ici. La France ne peut devenir un vase clos avec la consanguinité qui en découlerait nécessairement. La richesse d’un pays vient de l’extérieur.

      • Paris Delaware dit :

        Désolé mais je maintiens ma position: sur les secteurs stratégiques comme les ressources minières ou l’armement il n’y a pas de raison que des canadiens viennent faire le travail. Essayez un peu de monter une campagnie de pétrole aux Usa ou en Russie, vous allez voir ce que vous allez voir. La richesse d’un pays ne vient pas de l’extérieur mais de sa capacité à s’exporter.

        • Glagny dit :

          Quand je dis que la richesse vient de l’extérieur, c’est n’est bien sûr pas de la richesse matérielle ou pécuniaire. C’est l’apport intellectuel, créatif, sanguin, culturel, dont-il s’agit. De là en découle le progrès d’une nation, ce qui ne peut se produire quand elle reste repliée sur elle-même, à toujours ressasser les mêmes schémas.

          • Paris Delaware dit :

            Dans ce cas je suis d’accord avec vous et vous l’êtes avec moi: pour les matières premières et les produits pétroliers les canadiens sont une option. Autant faire travailler les français.

  2. Glagny dit :

    La dernière phrase de l’article parle « d’autres procédés d’extraction », ce qui exclut de fait les deux actuellement connus : le conventionnel et la fracturation hydraulique.

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